Depuis son élection, en 20 mois, KS a perdu la moitié de son électorat (sondages)

Kaïs Saïed (KS) né le 22 février 1958 à Tunis, est un universitaire, juriste et homme d’État tunisien, spécialisé en droit constitutionnel. Président de la République tunisienne depuis le 23 octobre 2019 (déjà 1an 8 mois au pouvoir à Carthage).

KS était triomphalement élu, avec 2,77 millions de voix (72,71 % des suffrages). La composition de son électorat indiquait sans ambiguïté, qu’il était perçu comme le porteur d’un « Renouveau ». Près de la moitié de son électorat n’avait pas voté pour des partis en 2014, et 90,5 % des électeurs de moins de 25 ans, avaient voté pour lui.

KS est qualifié de « Populiste » par ses détracteurs, et de « Mr Propre » par ses sympathisants

Ses références récurrentes au « peuple », sa défiance notoire à l’égard des partis politiques, ont valu à KS d’être qualifié de « populiste » par ses détracteurs. Au-delà de son projet de « radicalisation de la démocratie », il était perçu comme le symbole d’une moralisation de la vie politique, un « Monsieur Propre ». Pour KS la scène politique est confisquée depuis 2011, par un cartel de partis opposés en apparence, mais en négociation permanente, pour se partager les bénéfices du pouvoir (le « gâteau Tunisie »). La promesse était considérable et réactivait l’espoir suscité par la révolution de 2011. Ses électeurs croyaient beaucoup en lui, à tort ou à raison, l’avenir dira.

Le nouveau président élu KS, a annoncé mercredi 23 octobre 2019, ses priorités, en prêtant serment devant le Parlement, avant de prendre ses fonctions. Comme toujours par des généralités en arabe dialectal, en étant donc « vague » sur le :  « Respect de la loi, égalité entre tous les Tunisiens, renforcement des droits des femmes ».

Lors de son investiture au Parlement, KS était « vague » sur son programme d’action PrÉsidentielle

À savoir que, selon le décret n° 658 daté du 03/07/2015 paru dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT), le salaire brut du président la République s’élève, depuis cette date, à 17.000 DT (soit 10.000 dinars de salaire mensuel et une prime de 7 mille dinars bruts).

Mais selon le sondage « Sigma Conseil » de novembre 2019, KS avait bénéficié d’un haut niveau de confiance avec 78,3 %. Mais en juin 2021, il a perdu environ la moitié des personnes sondées en sa faveur. Tout en continuant quand même d’occuper la première place avec 39,2% des suffrages. Il devance largement en 2ème place la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi avec 15,2%.

KS a « raté » ses 2 nominations de « Chef de Gouvernement », Fakhfakh et Mechichi

Et pour causes, cette chute de popularité est due entre autres, que depuis son investiture, la plupart des discours de KS se sont déployés sur deux registres : celui de la trahison, et celui de la colère. Au fil de ces discours en 20 mois, KS a multiplié les allusions à ceux qui ont « vendu leur patrie » à des intérêts étrangers, ceux qui négocient dans des comités secrets, tout en promettant un jour de tout dévoiler.

Si le rôle des « invisibles » de la politique – l’argent, les interférences extérieures, les collusions entre politiques et clans d’affaires… – est indiscutable, et d’autant plus fort que les institutions sont faibles. Les invoquer au grand jour sans les nommer, même pour protéger la stabilité sociale, est inutile et même contre productif.

KS n’a réalisé que 9% de ses promesses électorales (I-Watch)

Conséquences directes, le 26 octobre 2020, selon le président de l’Organisation « I-Watch » (ONG), Achraf Aouadi, avec son « Saied Meter », qui est un site dédié au recensement des promesses de KS. Ainsi qu’au suivi de leur application sur terrain en post élections. KS n’a réalisé que 9% de ses promesses électorales. Pour lui donc, il s’agit d’un bilan faible, et décevant aux termes d’une année de sa prise de fonctions.

L’organisation a recensé 33 promesses. Elle se répartissent sur 9 catégories. Elle a constaté que 3 promesses ont été réalisées, 12 n’ont pas été mises en œuvre, et 7 autres sont en cours de réalisation. Et d’ajouter, «l’organisation a relevé 11 autres promesses « vagues » ne pouvant être mesurées concrètement ».

grave blocage politique, qui perdure depuis 9 mois, entre les « 3 têtes du pouvoir » en Tunisie

D’autant plus, que les mauvais choix de KS, pour désigner selon la Constitution 2014, les Chefs de gouvernement, Elyes Fakhfakh (démissionnaire forcé), et l’actuel Hichem Mechichi accusé par KS de trahison. Ce dernier s’est jeté dès le lendemain de son approbation au Parlement, dans les bras de Rached Ghannouchi (RG), et de « son coussin parlementaire ». Engendrant une grave crise institutionnelle entre KS et HM qui ne se parlaient pas pendant des mois. Et aussi une guerre ouverte et générale annoncée, entre KS et RG. Bref un grave blocage politique, qui perdure depuis 9 mois, entre les « 3 têtes du pouvoir » en Tunisie.

Sans oublier un facteur aggravant la pandémie du Covid-19 crescendo, qui sévit depuis un an et demi, et qui a « figé » la Tunisie dans une crise socio-économique et financière aiguë. Avec un effondrement imminent de la Santé Publique, du à une  carence flagrante de vaccins, et un pic de contamination et de décès (16.000). Ce qui a poussé récemment KS, a déployé l’armée en urgence, pour installer des hôpitaux de campagnes. Mieux vaut tard que jamais. Au moins une bonne action en sa faveur.

Le duel latent entre ks/ Rg/HM, enfonce davantage le pays dans la crise

Plongée donc dans une crise aiguë destructrice, la Tunisie avait fait appel au FMI, afin qu’il lui débloque une nouvelle aide financière de 4 milliards de dollars US. Mais selon Jamil Sayah, spécialiste de la Tunisie contemporaine, un prêt bancaire ne suffira pas à régler la situation du pays, paralysé par une classe politique incapable de s’entendre pour le sortir de la crise.

En résumé KS depuis décembre 2020, avait « gelé » la demande du « Dialogue National » de l’union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), sans suite à ce jour. KS avait également refusé depuis le 27 janvier 2021, que les 11 nouveaux ministres de HM (adoptés par le Parlement), prêtent serment devant lui. Et aussi KS avait fait usage de ses prérogatives constitutionnelle, avec son renvoie le 3 avril 2021 au Parlement, le texte d’amendement de la loi organique 50-2015 relatif à la Cour constitutionnelle adopté par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) le 24 mars dernier.

Cette guerre ouverte et générale au sommet de l’État, lasse les tunisiens, victimes de la crise sanitaire et socio- économique

Sans compter la guerre publique ouverte par KS à « couteaux tirés », sur ses prérogatives contre HM, pour le « Commandant en Chef des forces armées » (Militaires et sécuritaires ou pas).

D’autant plus que KS, n’avait pas honoré son engagement, annoncé lors de sa visite d’État du 23 juin 2020 en France. Il avait déclaré à France 24, qu’il s’apprêtait à présenter au Parlement 3 projets de lois sur : l’amnistie fiscale, révision du code électoral, et du régime politique en présidentiel. À ce jour rien de rien.

KS n’avait pas présenté des projets lois, pour changer la donne de la mauvaise gouvernance du pays

J’anticipe sur l’échéance d’octobre 2021, date du 2ème « Saied Meter » à venir d’I-Watch, mais je considère que depuis, KS n’a pas fait mieux pour concrétiser ses promesses. Au contraire il a fait pire, le sévère « statu quo politique » dans le pays. Avec une guerre de positions sans pitié déclarée, entre lui RG et HM. Ceci Malheureusement au dépend de la transition démocratique en cours depuis 10 ans, et donc de l’avenir du pays. Le peuple souffre entretemps, et au bord de la rupture.

Et quand bien même les « États amis » venaient à soutenir la Tunisie. La solution pour sortir de ce risque majeur de « déliquescence de l’Etat » et de l’implosion sociale, ne peux venir que des tunisiens eux-mêmes. Il faut un dialogue national, pour mettre tout à plat. Il faut un vrai projet politique. Et il faut organiser des élections anticipées, sous une « 3ème République » pragmatique et efficace dès 2022. Ceci  pour permettre au pays de retrouver des dirigeants compétents, clean, patriotes et conscients de l’agonie dans laquelle est plongée le pays.

ces risques majeurs de: déliquescence de l’Etat, quasi faillite du pays, et de l’implosion sociale, inquiètent les pays amis pour nous soutenir

Sachant que dans ma lettre ouverte (*) du 9 novembre 2019, adressée à KS mon nouveau Président de la République fraîchement élu, que j’avais félicité pour son l’occasion. Et pour lui dire aussi, que pas convaincu, j’avais pas voté pour lui. Mais que « veuillez trouver quand même, mes 25 demandes citoyennes, d’un indépendant actif dans la société civile, qui j’espère Mr le Président vous les réaliserez sur le Court et Moyen Terme (CMT), ceci pour le bien du pays.

Être qu’intégre et vaillant, ne sont pas suffisants, pour être un bon Président de la république tunisienne, faut beaucoup plus

Mais si lors de votre présidence vous accomplirez ou du moins « mettrez en route » à mi-mandat une grande majorité de mes « 25 ». Je reconnaitrai que je me suis « trompé » vous concernant , et surtout que je regretterai mon manque d’appréciation sur votre honorable personne. Suite à quoi je corrigerai en votant pour vous aux prochaines élections présidentielles de 2024, si reconduction. »

Franchement je considère qu’avec votre « coupable inertie » depuis votre élection à ce jour, Monsieur le Président, et avec tous mes respects, vous êtes loin du compte pour me convaincre de votre apport salutaire à mon pays, dumoins à ce jour.

À bon entendeur.

(*) Lien source: https://jamelsaber.com/lettre-ouverte-a-monsieur-le-president-de-la-republique-kaies-saied/

 

4 Commentaires

  1. « le 26 octobre 2020, selon le président de l’Organisation « I-Watch » (ONG), Achraf Aouadi, avec son « Saied Meter », qui est un site dédié au recensement des promesses de KS. Ainsi qu’au suivi de leur application sur terrain en post élections. KS n’a réalisé que 9% de ses promesses électorales. Pour lui donc, il s’agit d’un bilan faible, et décevant aux termes d’une année de sa prise de fonctions. »

  2. « Franchement je considère qu’avec votre « coupable inertie » depuis votre élection à ce jour, Monsieur le Président, et avec tous mes respects, vous êtes loin du compte pour me convaincre de votre apport salutaire à mon pays, dumoins à ce jour. »

  3. Depuis son élection … et en 20 mois à Carthage … KS a perdu la moitié de son électorat … chute de 78,3 % à 39,2 % en juin 2021 (sondage Sigma conseil) … Au final être intégre … n’est pas une condition suffisante pour être un « bon président de la République tunisienne » … faut beaucoup plus que ça … pour stabiliser et relancer le pays.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici