Sachant pour rappel que les résultats du vote à l’élection de la constituante n’ont donné sur les 7,5 millions d’habitants en âge de voter que 4,1 millions de votants, et que seulement 2,7 millions ont été retenus.

Aussi 2,7 millions de personnes qui décident du destin de la Tunisie soit 27,5 %, dont 1,5 million qui ont choisi Ennahdha (19,8%) qui s’efforce de gouverner le pays avec 89 sièges à la constituante sur 217 ce qui représente 42 % des voix .

Nous sommes les 72,5 % des tunisiens qui restent et c’est nous qui représentons la majorité . Mr. Ben Jaafar du parti Ettakatol, Président de la constituante ne représente que 3,5 % avec 250.000 votants et Mr. Marzouki du parti CPR, Président de La République de transition ne représente que 4% avec 350.000 votants .

Sachant également que la marche démocratique dans la constituante pourrait prendre deux lectures comme suit:

1- La Bonne : La plus démocratique l’idéale, aurait été de se dire qu’avec 27,5%, la troïka (Ennahdha+CPR+Ettakatol) représente une minorité dans la mosaïque tunisienne ; aussi tout doit se décider à l’unanimité et à défaut la majorité des 2/3. Ceci pour concerner la plus large “frange“ du peuple tunisien, surtout que nous sommes : après une révolution, dans une phase de constituante et dans un climat trouble. Dans cette période de construction du pays avec l’élaboration d’une constitution pour tous les tunisiens de tous âges, régions, religions, niveaux sociaux, sensibilités politiques et autres. D’autant plus qu’en règle générale, dans une bonne démocratie la majorité doit toujours tenir compte de ses minorités, et ceci est plus vrai dans une démocratie constitutive.

2- La Mauvaise : À  la limite de la dictature puisqu’elle installe un état de fait basé uniquement sur la légitimité du pourcentage des votes les 42,2% sans tenir compte de l’opinion publique, un statut-quo d’une “minorité“ qui dans l’absolu se “targue“ de la majorité des sièges dont elle dispose. Aussi elle prépare les projets lois, les soumet aux votes en appliquant la règle de la majorité absolue 50+1 quand le consensus n’est pas atteint, aussi elle s’installe dans un passage en force unilatéral.

C’est malheureusement la voie décidée par Ennahdha et mise en exécution par Mr.Jebali pour l’élaboration de la loi organisant les pouvoirs publics provisoires et “rafler“ la souveraineté du pays ! Aussi en suivant les séances plénières de la constituante j’ai assisté à un Hold-up de la démocratie dans nos institutions, pour commencer les débats de la commission sur le projet de la dite loi dont Ennahdha a décidé unilatéralement que le déroulement doit se faire dans le secret, et ceci est contraire à la transparence requise après la révolution.

Ensuite le projet initial de la dite loi présenté par Ennahdha est une confirmation claire des intentions hégémoniques pour usurper le pouvoir en donnant des prérogatives totales au premier ministre issue de leur parti Mr.Jebali, et des fonctions facultatives au Président de la République Mr.Marzouki.

Heureusement tant bien que mal, les élus des “forces d’oppositions“ de la constituante ont joué leurs cartes à fond, par moment jusqu’à la confrontation verbale, pour “faire bouger“ les lignes vers plus de : démocratie, séparation et équilibre des pouvoirs, transparence et autres.

Au final la loi votée est une “dictature relookée“ plus présentable . Aussi il ne faut pas que nos dirigeants provisoires actuels de la Troïka pour cette période de transition, se prennent la “grosse tête“ et qu’ils commencent comme leurs prédécesseurs à au peuple, et que pour les besoins de leurs fonctions on leur “prêtent“ temporairement notre souveraineté pour gouverner. Ils doivent donc se considérer comme des fonctionnaires publiques privilégiés et doivent nous remercier, nous protéger et servir nos intérêts. Les jeux sont faits, rien ne va plus .

Comme à la roulette je prends pour acquis la situation actuelle, et les choses étant comme elles sont, j’en prends acte, je positive pour donner un préjugé favorable à la Troïka pour faire une constitution, gérer les affaires urgentes et courantes du pays, ceci pour redresser et relancer la patrie afin de réaliser les objectifs de la révolution : démocratie, travail, respect, libertés, assistance aux déshérités et transparence. Ceci n’empêche que n’étant pas crédule comme citoyen et la plupart des tunisiens aussi, je ne donne pas de “chèque en blanc“ à la Troïka, je les surveille de prés.

Comme Ennahdha a sauté sur l’occasion et s’est empressée d’accaparer les hautes fonctions étatiques de souverainetés, je considère cela comme une intrusion rapide et à grande échelle des institutions de la république et j’assimile cette pratique malicieuse à un “coup d’état sournois du pouvoir“ par une minorité qui n’a pas lieu d’être pendant cette courte phase de transition d’une année, sauf si Ennahdha voudrait profiter de cette occasion unique pour s’installer dans la pérennité, c’est risqué pour nous .

D’un autre coté ses nominations annoncées sont flagrantes, c’est une organisation malsaine qui permet à chaque fois et dans toutes les institutions de souverainetés, de mettre “en couple“ un homme politique “profane“ d’Ennahdha avec un “vieux connaisseur“ de la haute fonction, méthodologie vicieuse d’assurer la formation des cadres “Bleus“ de ce parti -qui n’ont aucune expérience pour gouverner- pour en faire des personnalités “aguerris“ en un temps record . C’est en soit une formation professionnelle accélérée, une initiation à diriger en urgence de hauts cadres payés par les caisses de l’état, c’est diabolique .

Je considère que cette démarche touche à la sécurité nationale. Aussi j’exige de nos élus de la constituante de tous bords de s’opposer à ses nominations, en veillant à un équilibre et à une séparation des pouvoirs, il faut éviter à tout prix de concentrer les pouvoirs souverains dans une “seule main“, et de mettre l’intérêt national au dessus de tout, le salut du pays en dépend .

Je suis désolé pour les hauts cadres d’Ennahdha mais vous êtes méconnus du grand public sauf depuis quelques mois, aussi il faudrait un temps de latence plus long pour faire connaissance, convaincre et installer un climat de confiance entre vous et vos gouvernés, ceci est essentiel .

Je finirai par exiger dans l’avenir de nos gouvernants de se rattraper, de “corriger leurs copies“ et d’agir en concert avec les partis d’oppositions de la constituante mais pas uniquement, également avec toutes les forces vives de la société civile du pays (ONG et autres), qui doivent obligatoirement participer à la prise de décision pour réussir ensemble cette délicate période de transition et garantir la faisabilité et mise en place d’un Destour pour tous et pour longtemps .

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