Réformes du Service National en Tunisie (2/3) ?

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Le Service militaire n’est pas une « punition » mais un devoir national sacré

La loi tunisienne en vigueur n° 2004-1 du 14 janvier 2004 relative au Service national, modifiée par la loi n° 2010-17 du 20 avril 2010. Qui impose aux hommes et aux femmes, âgés de 20 à 35 ans (18 ans sur demande), une obligation de service militaire d’une durée d’un an. C’est une formation rigoureuse qui prépare les jeunes à défendre leur patrie si nécessaire. Plus qu’un simple apprentissage de compétences militaires, il s’agit également d’un moyen pour inculquer la discipline, la responsabilité et un fort sens du patriotisme.

contingent annuel de plus de 60 000 jeunes tunisiens atteignant les vingt ans âge du service national

En Tunisie, le service militaire peut être accompli dans différentes branches des forces armées, y compris l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air. Certaines situations permettent une dispense, comme reconnu inapte par le corps médical militaire, ou l’unique soutien financier de votre famille mais pas que, aussi octroi de surcis, à s’informer auprès du Ministère de la Défense.

Ce service national serait une manière d’impliquer la jeunesse désœuvrée dans la relance économique

Ce devoir national est présenté sous deux formes: le service militaire direct au sein de l’Armée Nationale, le jeune bénéficie de plusieurs avantages, à l’instar de la gratuité du transport, de la nourriture, des vêtements et des services de santé. Le candidat est aussi prioritaire lors des campagnes de recrutements dans les écoles militaires.

Les militaires actifs en baisse 35 800 en 2022 (40 500 en 2014), et 28 000 paramilitaires, budget de 1,25 milliards $ en 2021, soit 2,8 % du PNB

Au présent s’il est détenteurs d’un diplôme universitaire, le candidat reçoit une prime de 200 dinars. Elle est de 100 dinars pour les autres. Dans ce même contexte, le jeune va suivre un entraînement militaire et une formation professionnelle. Le tout sera couronné par un certificat d’aptitudes.

repositionner le service militaire en tant que levier du développement national

Concernant le service militaire indirect. Il porte sur les spécialistes issus de plusieurs branches comme la santé. Il s’agit donc d’intégrer, par exemple, les cadres du Ministère de la Santé à l’Armée.

Service militaire actif destiné à répondre aux besoins de l’armée nationale

Le Service national revêt l’une des deux formes suivantes : Service militaire actif destiné à répondre aux besoins de l’armée nationale. Ou le Service national en dehors des unités des forces armées visant à répondre aux besoins de la défense globale et aux impératifs de la solidarité nationale. Les incorporés sont désignés pour accomplir le Service national en dehors des unités des forces armées : auprès des Ministères, des Collectivités locales et des Établissements publics ; dans le cadre des affectations individuelles dans les Administrations et les Entreprises ; dans le cadre de la coopération technique.

Service national en dehors des unités des forces armées pour répondre aux besoins de la défense globale et aux impératifs de la solidarité nationale

En 2023, le Ministère de la Défense appelle les jeunes concernés à se présenter, de leur propre gré, aux centres régionaux de conscription et de mobilisation. En cas de refus d’obtempérer, les services armés traduisent le citoyen devant le tribunal militaire, qui tranchera concernant les pénalités. Les sanctions dépendent de nombreux facteurs, allant de l’amende jusqu’à l’incarcération.

Si refus d’obtempérer, traduire le citoyen devant le tribunal militaire pour les pénalités, amende jusqu’à l’incarcération

Malheureusement le nombre des incorporés au cours de 2017 dans le cadre du Service National, sur les 31 000 jeunes convoqués pour le service miliaire, seulement 506 l’ont effectivement fait. Donc moins de 2% se présentent de leur propre gré, comme le stipule la loi pour accomplir leur devoir national. Tout en sachant qu’ils sont inaptes pour le service militaire. Il n’en reste après examen médical que 0,7% !  Sur un contingent annuel de plus de 60 000 jeunes tunisiens atteignant les vingt ans, l’âge du service national, et ce, sans compter les « fuyards » encore redevables de ce service et qui se chiffrent par centaines de milliers.

En 2017 pour le Service National, sur les 31000 jeunes convoqués, seulement 506 l’ont effectivement fait  !

Sachant l’importance des formations professionnelles proposés pendant le service national. 1500 places de formations étaient disponibles dans ces cursus mené en parallèle au service militaire. Des formations qui sont notamment proposées aux décrocheurs scolaires, qui peuvent suivre des programmes dans des centres militaires de formation professionnelle. Sanctionnés par l’obtention de certificats de compétences ou d’aptitude professionnelle, ainsi que des brevets techniques professionnels (BTP).

Depuis 2011 au moins un million de « fuyards » encore redevables du service national !

Une révision structurelle de la loi sur le Service National devrait se faire en 2024, ceci pour consolider son obligation nationale, son rôle de participer à la formation de la jeunesse pour notre essor économique, aussi à combler les « déserts médicaux » dans régions défavorisées comme suit :

Augmenter le budget du Ministère de la Défense à 6.000 MDT

* Augmenter le budget du Ministère de la Défense de 3.750 MDT actuel, à 6.000 MDT pour 2024, pour résorber à CMT les descolarisé(e)s-désœuvré(e)s, entre autres.

Révision de la durée du Service National de 1 à 3 ans selon la spécialité des enrôlé(e)s

* Révision de la durée du Service National : 1 an pour les diplômé(e)s universitaires ; 2 ans pour les autres ; et 3 ans pour le corps médical et paramédical (médecins, dentistes, pharmaciens, les techniciens supérieurs et les infirmiers), ceci dans le cadre du Service militaire indirect, pour combler les « déserts médicaux ».

Rétablir les « rafles » à grande échelle, et sévères sanctions pour les refus d’obtempérer

* Rétablir les « rafles » à grande échelle, sévères sanctions pour les refus d’obtempérer, lourdes amendes et à l’extrême incarcération.

Augmenter à 20 000 places la capacité des formations professionnelles au sein de l’armée

* Augmenter à 20 000 places la capacité des formations professionnelles au sein de l’armée.

Augmenter les primes pour les circonscrits de 200 à 2.000 dinars selon les spécialités

* Augmenter les primes pour les circonscrits au sein de l’armée à :  300 dinars pour les universitaires ; 200 dinars pour les autres, et 2.000 dinars pour les médecins et 1.000 dinars pour les auxiliaires médicaux.

Supprimer définitivement les affectations individuelles

* Supprimer définitivement les affectations individuelles.

Rigueurs pour l’octrois des dispenses et surcis militaires

* Rigueurs pour l’octrois des dispenses et surcis militaires

La période armée devrait compter pour le droit à la retraite

* La période armée devrait compter pour le droit à la retraite, à raison de 90 jours passées dans l’armée permettent de valider 1 trimestre, dans la limite de 4 par année civile.

l’Armée tunisienne a grandement besoin d’une profonde réforme, une métamorphose qui doit en faire concrètement une véritable « Armée Citoyenne »

En conclusion, pour remédier aux « manquements » actuels pour l’enrôlement des jeunes, et faire face à l’évolution du contexte sécuritaire dans la région en termes de menaces-risques, « déserts médicaux » et autres défis, l’Armée tunisienne a grandement besoin d’une profonde réforme (projets à l’étude proposés depuis 2016 par d’ex ministres de la Défense messieurs F. Horchani et A. Zbidi), donc d’une métamorphose qui doit en faire concrètement une véritable « Armée Citoyenne ». Bref repositionner le service militaire en tant que levier du développement national.

 

 

NB : Suite à mon essai du 16 septembre 2023 intitulé « L’ordre, le patriotisme et la justice bientôt de retour en Tunisie ? », pour rétablir les valeurs de la République, ceci via le « Service Civique » (1/3), le « Service National-militaire » (2/3), et le « Travail d’Intérêt Commun » (3/3) … (*) Lien source : https://jamelsaber.com/lordre-la-dicipline-et-la-justice-bientot-de-retour-en-tunisie/ )

 

 

 

 

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Mon essai du 1er octobre 2023 en conclusion … pour remédier aux « manquements » actuels pour l’enrôlement des jeunes … et faire face à l’évolution du contexte sécuritaire dans la région en termes de menaces-risques, « déserts médicaux » et autres défis … l’Armée tunisienne a grandement besoin d’une profonde réforme (projets à l’étude proposés depuis 2016 par d’ex ministres de la Défense messieurs F. Horchani et A. Zbidi) … donc d’une métamorphose qui doit en faire concrètement une véritable «Armée Citoyenne» … Bref repositionner le service militaire en tant que levier du développement national.

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