Masse salariale : 49 % des dépenses budget Etat tunisien !

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2018

Sureffectif de la fonction publique et élévation de la masse salariale : L’UGTT dans le déni.

 

Il convient de rappeler, à ce propos, que la masse des salaires dans le budget de l’Etat de l’exercice 2021, sera en hausse de 5,7%, passant à 20.118 millions de dinars tunisien (MDT), contre 19.030 MDT actualisés pour l’année 2020.

Le ministre de l’Economie, des Finances et de l’appui à l’Investissement, Ali Koôli, a déclaré que la masse salariale inscrite dans le budget de l’Etat n’englobe pas les employés des entreprises publiques, signalant qu’une autre clause évoque la subvention de telles entreprises.

Alors que le gouvernement est obligé de sortir bientôt sur le marché international pour trouver des financements. Ceci pour boucler son budget de l’exercice 2021 et que pour cela, il est carrément sommé par les bailleurs de fonds potentiels de réduire ses dépenses, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), continue de lui opposer ses fameuses «lignes rouges» et exigences d’augmentations salariales.

Dans une intervention dans la ‘‘Matinale’’ de Shems FM, mercredi 3 février 2021, Hfaiedh Hfaiedh (HH), secrétaire général adjoint de l’UGTT. A déclaré que l’élévation de la masse salariale, et le sureffectif de la fonction publique, qui grèvent lourdement les finances publiques, sont «un grand mensonge».

Le coût de la masse salariale représente 16,6% du PIB, et 49% des dépenses du budget de l’État. Deux taux parmi les plus élevés au monde.

HH réagissait ainsi à la déclaration de Ali Kooli, ministre de l’Economie, des Finances et du Soutien à l’investissement. Selon laquelle, le gouvernement pourrait être amené, à réduire le salaire des employés de la fonction publique, contre la réduction de la durée de leur travail.

«Cette proposition n’est pas à l’ordre du jour et ne saurait faire l’objet de discussion», a-t-il déclaré, ajoutant que la centrale syndicale au contraire, demande au gouvernement, le démarrage prochain d’un nouveau round de négociations pour des augmentations salariales dans les secteurs public et privé.

À savoir qu’avant la révolution du 14 janvier 2011, l’Etat employait, dans les administrations et les entreprises publiques, 404.000 personnes. Et qu’en 10 ans, ce chiffre a doublé, atteignant aujourd’hui 800.000. Alors que 500.000 auraient amplement suffi pour gérer les affaires d’un pays de 11,5 millions d’habitants comme la Tunisie, qui plus est traverse une grave crise économique et financière.

L’UGTT rejette également les propositions de cession de parts, dans le capital de certaines entreprises publiques. Dont la majorité souffrent de sureffectifs, sont déficitaires et maintenues sous perfusion par des injections de fonds provenant des caisses de l’Etat.

On mesure l’ampleur de l’aveuglement de la centrale syndicale, attachée à ses privilèges et ses prébendes, d’autant qu’elle tire l’essentiel de ses troupes des employés de la fonction publique. C’est insensé, d’autant plus que le rendement administratif, et la production-productivité manufacturière, laisse à désirer.

L’attitude donc de déni de l’UGTT, est pour le moins suicidaire. Car la hausse continue des salaires n’a jamais amélioré le pouvoir d’achat des citoyens, qui continue de s’effriter. Elle contribue plutôt au renchérissement du taux d’inflation, à la baisse de la valeur de la monnaie nationale et au creusement du déficit de la balance commerciale.

 

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