La « 8ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique » ( Ticad 8 ),  qui s’est déroulée à Tunis du 27 au 28 août 2022. Ce sommet international a clôturé ses travaux, avec la publication de la « Déclaration de Tunis entre les dirigeants africains et japonais pour une coopération conjointe dans divers domaines ».

Avec la participation d’officiels, d’hommes d’affaires, d’organisations internationales et de dirigeants de 48 pays, dont les présidents tunisien Kaïs Saïed, et sénégalais Macky Sall. Au total 50 délégations et près de 5.000 participants ont échangé sur le devenir du continent et du monde.

Sans Ouattara ni Bongo

En coulisses, certains se sont interrogés sur l’absence de certaines figures africaines, comme le président ivoirien, Alassane Ouattara, et celle de son homologue gabonais, Ali Bongo. « Le Gabon prépare le coup d’envoi de la semaine africaine du climat à Libreville », précise un membre de la délégation gabonaise présente. Dans tous les cas, la présence seulement en distanciel, pour cause de Covid, du Premier ministre japonais Fumio Kishida semble avoir influé sur la participation des chefs d’État.

Le sommet a réuni 300 hommes d’affaires, dont 100 venus du Japon, représentant les 50 plus grandes entreprises japonaises et institutions économiques internationales, 100 hommes d’affaires d’Afrique, et 100 hommes d’affaires de Tunisie.

Surtout des délégations de la Banque africaine de développement, de l’Organisation mondiale du commerce, de la Banque mondiale, de l’Union africaine et des Nations unies y ont également participé.

La Déclaration de Tunis a été adoptée par les dirigeants japonais et africains, et un financement de 30 milliards de dollars destiné au développement de l’Afrique a été approuvé pour les trois prochaines années. »

Le sommet a duré deux jours, au cours desquels 82 projets d’une valeur de 2,7 milliards de dollars ont été présentés.

Sur les quatre-vingt-douze mémorandums d’entente conclus par les entreprises japonaises lors de Ticad 8, quatre l’ont été avec la partie tunisienne (ministères et entreprises). Ils portent sur la facilitation du partenariat public-privé, sur le développement de l’assurance en Tunisie, sur le dessalement des eaux et sur les énergies renouvelables.

Le Japon promis à la Tunisie une aide de 100 millions de dollars (1 dollar = 1 euro) qui ne sera débloquée qu’après la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), actuellement en négociation.

Selon l’agence TAP, le président de « l’Agence Japonaise de Coopération Internationale » (JICA) Akihiko Tanaka a déclaré en marge de sa participation aux travaux de la TICAD 8, que son pays étudiera la possibilité d’une assistance financière au profit de la Tunisie.

Il a souligné, dans le même cadre, que cela reste tributaire de la conclusion d’un accord avec le FMI.

“L’accord avec le FMI servira de base de discussions avec les institutions financières dont la JICA. A l’issue de cet accord, la Tunisie sera appelée à mettre en œuvre les réformes économiques nécessaires. Une fois ces réformes engagées, le Japon sera prédisposé à lui apporter une assistance financière” a dit le président de la JICA.

L’essentiel du volet politique est une demande, formulée par l’ensemble des pays africains et appuyée par le Japon, qui réclame au nom du multilatéralisme et de la légitimité internationale, mais aussi pour réparer notamment « une erreur historique », une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU afin qu’il accorde, en son sein, une place et un rôle majeur à l’Afrique. Soit deux sièges permanents et cinq non permanents.

Sachant qu’une brouille diplomatique avec le Maroc est intervenue, en invitant le chef des milices du polisario à participer à TICAD 8, et en lui réservant surtout un accueil officiel, le Président tunisien Kaies Saied, vient de compromettre la neutralité historique de la Tunisie sur l’affaire du Sahara marocain. Conséquence directe l’absence du Maroc à cette conférence.

Bref un bilan mitigé dans son ensemble, et pour la Tunisie, des promesses financières d’investissements et autres en « sursis », tributaire d’un accord préalable avec le FMI.

Sachant que je suis invité après leTicad 8, à l’événement de networking « TICAD Innovation », du 1-2 septembre 2022 pour un B2B. Un plaisir d’y participer.

Au final « wait and see » la concrétisation sur terrain en Tunisie dans un avenir proche, en espérant que ne sera pas un « flop total », comme précédemment avec « Tunisie 2020 » sous Youssef Chahed.

 

 

 

 

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