ATCF : Journées d’étude sur la finance alternative

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Membre du Comité Scientifique de l’Association Tunisienne de la Culture Financière (ATCF), et co-organisateur des 3 journées d’étude du 26 au 28 avril 2024 à l’hôtel Vincci Marillia sur le thème :
 
« LA FINANCE ALTERNATIVE » 
La finance alternative fait effectivement, référence à diverses méthodes de financement et d’investissement qui diffèrent des pratiques traditionnelles observées dans le système financier conventionnel actuel. La finance alternative émerge ainsi comme une réponse critique aux limitations et aux lacunes du système financier traditionnel.

Elle peut jouer ainsi un rôle crucial en offrant des alternatives flexibles et diversifiées au système financier classique.

Dans un contexte où les crises économiques, sociales et environnementales sont de plus en plus préoccupantes, il est impératif d’explorer des voies alternatives qui favorisent la durabilité, l’inclusion et la responsabilité, en aidant à maintenir le financement des entreprises et des projets, en fournissant des options d’investissement plus variées et en répondant aux besoins des populations vulnérables.

I- PROBLÉMATIQUES DU SYSTÈME FINANCIER:

Les banques tunisiennes n’arrivent plus à abaisser le niveau de leurs créances accrochées auprès des entreprises privées (17,1) et des PME (25,2). Ces taux remontent à l’année 2022. En 2023, la situation a empiré selon le rapport de la supervision bancaire de la BCT et ce à cause principalement de la morosité du climat des affaires, la détérioration du pouvoir d’achat des tunisiens et le renchérissement des conditions de financement.

La majoration du « TMM » a rendu le coût de l’endettement insupportable pour les PME et a mis en péril leur compétitivité et la constitution de leur MBA, d’autant plus que ces PME souffrent du faible niveau de leurs fonds propres et d’un endettement excessif.

Le recours de l’Etat au financement des banques avec des taux alléchants, a amené ces dernières à opter pour ce type de concours et à dresser beaucoup de barrières aux nouveaux financements ou pour accompagner leurs clients en difficulté.

Les banques se rendent de plus en plus compte de la fragilité des entreprises sous capitalisées qui, durant les années du COVID ont perdu la majeure partie de leurs capitaux propres et ont été acculées à s’adresser au règlement judiciaire pour bénéficier d’un répit pour s’acquitter de leurs dettes. Les banques affrontent de plus en plus un durcissement de la réglementation de la BCT en matière de division, couverture des risques et suivi des engagements ; institution des provisions collectives, normes d’adéquation des fonds propres, respect des ratios prudentiels etc…

II- L’IMPACT DE CETTE SITUATION SUR LES «PME»:

Cette situation a eu un impact significatif négatif sur les petites et moyennes entreprises (PME) en Tunisie, voici quelques-uns des principaux impacts :

* Fermetures et pertes d’emplois : De nombreuses PME ont été contraintes de fermer temporairement ou définitivement en raison des restrictions imposées, ceci a entraîné plus de 100.000 entreprises à déposer leurs bilans des pertes d’emplois massives et des difficultés financières pour de nombreuses personnes.

* Difficultés financières : Les restrictions de déplacement et les fermetures d’entreprises ont entraîné une diminution des revenus pour de nombreuses PME, tandis que les coûts fixes continuaient de s’accumuler.

* De nombreuses entreprises ont été confrontées à des problèmes de trésorerie Et ont eu du mal à honorer leurs dettes envers les banques, de s’acquitter de leurs cotisations sociales, de leurs redevances fiscales, de payer leurs fournisseurs, leurs charges ou leurs employés. Certaines entreprises ont été même obligées d’emprunter le chemin du règlement judiciaire.

* Entassement de la croissance : Le rythme des investissements s’est ralenti et la croissance économique du pays frôle le 0%.

* Adaptation aux nouvelles normes : Les PME ont dû s’adapter rapidement aux nouvelles normes et aux exigences de cette situation pour protéger à la fois leurs employés et leurs clients.

* Cela a parfois nécessité des investissements supplémentaires dans des équipements ou des modifications des processus commerciaux.

* Transition vers le numérique : De nombreuses entreprises ont dû accélérer leur transition vers le numérique pour continuer à servir leurs clients pendant les périodes de fermeture physique. Cela a nécessité des investissements dans les sites Web de commerce électronique, les solutions de paiement en ligne, les plateformes de collaboration à distance, etc.

* Changements dans les modèles commerciaux : Certaines PME ont été contraintes de revoir leurs modèles commerciaux pour s’adapter à la nouvelle réalité économique.

* Cela peut inclure des changements dans les offres de produits ou de services, la diversification des sources de revenus ou même la réorientation vers de nouveaux marchés.

III- OBJECTIFS DE CES JOURNÉES D’ÉTUDES :

Face à ces défis et face aux risques de dissolution de notre tissu économique (risque d’accroissement du chômage, risque d’accroissement des créances classées, baisse de la rentabilité, baisse des cours boursiers, risque de difficultés en matière de respect des Ratios règlementaires), la Tunisie pourrait créer un environnement plus favorable à l’émergence et à la croissance des initiatives de finance alternative,

Ce qui pourrait contribuer à stimuler l’initiative privée, l’inclusion financière, à soutenir l’entrepreneuriat, à voler au secours des entreprises en difficulté et à favoriser le développement économique.

C’est dans ce sens que la finance alternative offre des alternatives aux sources de financement traditionnelles, cela permet de diversifier les options de financement disponibles pour les entreprises et les particuliers, réduisant ainsi leur dépendance à l’égard du système financier classique, ouvrant ainsi aux entreprises les perspectives de croissance, en consolidant leurs fonds propres, en instaurant une bonne gouvernance, en diversifiant leurs activités, en réinstaurant les équilibres des bilans, en réduisant les charges de financement et parallèlement à renforcer la capacité de remboursement des dettes et à réduire l’enveloppe des créances accrochées des banques qui a dépassé les 16%.

IV- UN PROGRAMME VARIÉ

Un programme qui se concentre sur les thèmes liés au financement alternatif : source incontournale pour booster la croissance et sauver notre tissus économique.

Trois PANELs élaborés qui se concentrent sur les thèmes liés à la finance alternative comme source d’investissement dans une économie tunisienne en mutation.

Journées très enrichissantes avec la présence de plusieurs cadres et experts financiers, dans le domaine bancaires, assurances et autres. Également une participation renforcée de plusieurs enseignants universitaires, et surtout celle du Pr. Jean Paul Delahaye, Professeur émérite à l’Université de Lille et chercheur au Laboratoire CRISTAL qui tiendra demain à 1h10′ une conférence sur le thème :

« LA MONNAIE VIRTUELLE: LA CRYPRO MONNAIE »

 

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