Le mouvement Ennahdha veut instaurer le caractère confidentiel aux travaux des commissions internes de la constituante. Ce parti va même jusqu’à vouloir interdire l’utilisation par les élus du téléphone portable dans ces commissions afin qu’il n’y ait pas des fuites dans les médias, l’argument est que la retransmission ne servirait qu’à retarder l’avancée des travaux.

Je m’interroge sur ce qui pousse les élus d’Ennahdha à vouloir maintenir le secret de ces commissions. J’exige de la transparence, excepté pour ce qui touche à la défense et à la sécurité, afin de faire participer le peuple qui est en droit de savoir, car « nos élus n’ont rien à cacher », plus de secrets entre nous depuis la révolution .

Quand au nouveau chef du gouvernement Mr. Jebali, lui s’intéresse aux médias tunisiens, et déplore qu’ils ne reflètent pas les «résultats du scrutin du 23 octobre». Une commission ad hoc veillerait à mettre de l’ordre dans les médias. Les médias devraient-ils revenir aux pratiques sous la dictature et être aux ordres ? Comment concilier la liberté de presse que soutient Mr. Jebali avec l’obligation d’être au service des élus majoritaires et du gouvernement .

On pourrait citer nombre d’autres actions ignorant la transparence. Comme le flou accompagnant le programme du gouvernement. Ou même sa constitution. Voir même le déroulement d’approbation par la constituante du budget 2012 .

Les régimes dictatoriaux usent de moyens bien déterminés pour se maintenir au pouvoir. En premier lieu, ils s’évertuent à restreindre l’opposition et à la réduire à sa plus simple expression. Leur souci essentiel est de limiter les motifs de mécontentement et de revendication. Ils pratiquent alors le secret et assiègent la liberté d’expression, l’accès à l’information. Le peuple est gardé dans l’ignorance de ce qui se fait, se décide et se trame.

A l’inverse, les régimes démocratiques sont tenus de pratiquer la transparence. Il est exigé des décideurs politiques et économiques la clarté dans leurs décisions, leurs motivations, leurs objectifs. Ce afin de garantir un minimum de justice, d’équité, d’égalité des chances et d’empêcher le despotisme, la désinformation et la corruption sous toutes ses formes. Depuis le début de notre révolution, le mot transparence est certainement le plus utilisé.

J’exige la vérité, toute la vérité et à tous les niveaux. Est-ce suivi d’effet ? Force est de constater que cela est loin d’être le cas en toute circonstance. La tendance au secret est devenue monnaie courante. Même si, parfois, on fait preuve de transparence. Comme cette autorisation accordée aux médias d’assister et de retransmettre, en direct, les séances plénières de la Constituante. Pour le reste, c’est souvent le flou et même la désinformation.

Pour toutes ces raisons, je fustige Ennahdha, ne voyant dans le grand gagnant du scrutin d’octobre qu’un “parti islamiste pur et dur qui porte juste le costume de la démocratie“. Je refuse de faire seulement parti du décor.

L’exécutif a tout intérêt à se préoccuper en priorité de l’amélioration de sa stratégie de communication et de son adaptation aux normes internationales, et à abandonner tout projet de faire, de nouveau, des entreprises de presse publiques des outils de propagande à son service. La presse officielle doit être au service de la volonté du peuple qui a choisi leur parti pour gérer le pays, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

Ennahdha en tant que parti au pouvoir évoluant dans une démocratie est sensé accepter la critique et rendre compte au peuple, réaffirmant l’attachement des professionnels à la liberté de la presse et leur refus catégorique de toute immixtion de l’exécutif dans le secteur. « Le musèlement de la presse dont les journalistes, tout comme le reste des tunisiens, ont souffert, des décennies durant, est désormais révolu ».

L’ex président B.Ali avait en 1987 promis la liberté de presses et d’expressions dans son manifeste du 7 novembre, et quelques mois après la plupart des journaux de la presse écrite sont traduits en justice ou dans une moindre mesure, intimidés voir même menacés par la police politique. Aussi la suite était redressements fiscales, fermetures de journaux voir même faillites en cascades et autres lourdes conséquences . Grave Jebali fait pire que lui puisque seulement 24h après  sa prise de fonction, il decledéclenche la même répression ? Il ne faut pas se laisser faire, il faut se battre on s’est fait avoir à deux reprises avec Bouguiba et B.Ali alors plus jamais ça .

Notre tour amis Facebook viendra bientôt dans quelques semaines, un à un on sera trainés en justice pour être “museler“ aussi. C’est la Dictature de nouveau “tout ceux ou celles qui ne sont pas avec eux sont contre eux“ . Aussi il faut que le Chef du Gouvernement de transition comprenne qu’il pratique actuellement “un simulacre de démocratie“.

Ainsi j’exige qu’il « revoit sa copie » et surtout qu’il comprenne que la démocratie obéit à la même loi en physiologie que celle du muscle c’est “ le tout ou rien“ , et pour cause Mr. Jebali doit savoir que pour lui d’une part le “bon coté de la démocratie“ et qu’il occupe ce poste de premier rang, et que son parti à “rafler“ les ministères de souverainetés ceci en rapport avec le scrutin; mais que d’une autre part le “revers de la démocratie“ pour lui et son parti c’est:

La séparation et l’équilibre des pouvoirs, indépendance de justice, les partis d’oppositions, rendre des comptes, la transparence, les libertés de la presse d’expressions,la participation de la société civile à la prise de décisions et autres. La démocratie est donc un package c’est “à prendre ou à laisser“, aussi on ne peux pas prendre ce qui est bon et faire fi du reste ?

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