L’objectif premier de la création de la Caisse générale de compensation (CGC) en 1970 était de soutenir les catégories de la population à revenu limité en intervenant sur certains produits de base, comme le pain et dérivés, le lait et autres produits alimentaires, voire le cahier scolaire, pour en réduire le prix et le rendre abordable. La CGC est donc un fonds alloué par l’Etat et géré par le Ministère du Commerce, elle est chargée du paiement des subventions aux différents offices et sociétés qui bénéficient de la compensation. C’est l’Etat providence !
La CGC au fil des ans, les fonds alloués à cette caisse ont été consolidés, vu l’augmentation des prix des produits de base dont le coût de fabrication a été revu à la hausse suite à la majoration des produits des matières premières notamment. Cependant, cette caisse ne profite pas uniquement aux catégories à revenu faible, mais à tout le monde, y compris les personnes aisées et les professionnels dans certains secteurs comme les pâtissiers qui n’hésitent pas à acheter des produits compensés – comme l’huile végétale, la semoule et la farine – afin de préparer des produits de consommation vendus au public la plus part du temps à des prix exorbitants. Les prix des produits subventionnés sont fixés par l’administration, ils sont ajustés périodiquement afin d’atténuer l’effet des augmentations des coûts des facteurs de protection, l’évolution des prix mondiaux et les cours du Dollar.
Les produits de base de consommation courante sont vendus sur le marché local en deçà de leur coût de revient qui tient compte des prix à l’importation (ou chez l’agriculteur) et des frais de transformation. Afin d’éveiller la conscience du consommateur tunisien, le ministère du commerce et du tourisme avait rendu public un communiqué qui détaillait les différents niveaux de subvention des principaux produits de base. Ils sont répartis comme suit :
* Gros pain (400 gr) : vente à 230 millimes (1 euro=2000 millimes) l’unité au consommateur avec une prise en charge par la caisse de compensation d’une subvention de 200 millimes (soit un coût de revient de 430 millimes).
* Baguette (220 grs) : vente à 190 millimes l’unité au consommateur avec une prise en charge par la caisse de compensation d’une subvention de 82 millimes (soit un coût de revient de 272 millimes).
* Semoule : vente à 450 millimes le kg au consommateur avec une prise en charge par la caisse de compensation d’une subvention de 580 millimes (soit un coût de revient de 1,030D).
* Couscous : vente à 795 millimes le kg au consommateur avec une prise en charge par la caisse de compensation d’une subvention de 620 millimes (soit un coût de revient 1,415D).
* Pâte alimentaire : vente à 805 millimes le kg au consommateur avec une prise en charge par la caisse de compensation d’une subvention de 620 millimes (soit un coût de revient de 1,425D).
* Huile de graines : vente à 900 millimes le litre au consommateur avec une prise en charge par la caisse de compensation d’une subvention de 900 millimes (soit un coût de revient de 1,800D).
* Sucre : vente à 970 millimes le kg au consommateur avec une prise en charge d’une subvention de 450 millimes (soit un coût de revient de 1,420D).
Ainsi que d’autres produits comme les Hydrocarbures, aussi la bouteille de gaz vendue à 7,400D au consommateur alors que son coût de revient est de 25,000D.
Depuis quelque temps, la question de la CGC est soulevée en vue de trouver les solutions les plus appropriées à même de bien cibler les catégories à revenu limité sans alourdir davantage ses charges dans la mesure où les fonds alloués à partir du budget de l’Etat qui est, lui-même, soumis à des pressions importante. Il est inadmissible que l’état subventionne riches et pauvres de la même manière. Comment se fait-il que les pauvres payent le même prix que les riches pour le carburant, les pâtes alimentaires, le sucre et autres produits subventionnés.On oublie aussi que de cette manière nous subventionnons même les très riches groupes internationaux, et qui à mon sens en reçoivent un peu trop déjà au nom de l’employabilité des tunisiens, mais également les non résidents, les touristes et même les contrebandiers des marchés parallèles, l’exemple du marché noir du lait et autres denrées subventionnées exportées vers la Libye au mois de Ramadan est un cas flagrant.
La Caisse de Compensation est donc une aberration. Il faut aujourd’hui avoir le courage de prendre des décisions audacieuses pour limiter le niveau d’intervention de la Caisse de Compensation aux nécessiteux, tout en maintenant la paix sociale, Il faut mettre fin au recours aux solutions palliatives et mener une véritable politique socio-économique solidaire et c’est la tâche du prochain gouvernement de Mr. Jebaliqui ne sera pas des plus faciles.
Cette caisse avec un budget de 12.000 milliards prévu en 2012 (source journal Maghreb) doit disparaître et/ou s’occuper seulement des plus nécessiteux, il faut cibler la compensation et les solutions suivantes peuvent être développées pour étudier leurs faisabilités et efficacités :
1- soit supprimer la caisse de compensation, pour les aliments de première nécessité et autres produits, ainsi autoriser leurs vente au prix réel, et la remplacer par une allocation ciblée, à chaque début de mois chaque chef de famille reçoit un mandat, correspondant au montant de la compensation en fonctions de certains critères à définir : comme le nombre de personnes à charge, le pouvoir d’achat de la famille et autres. Les statistiques de consommation pour chaque tunisien sont disponibles. Cette suppression permettra d’acheter les céréales des agriculteurs à des prix corrects et non pas à des prix trop réduits ce qui aura pour conséquence de re-dynamiser les investissements dans le domaine agricole qui deviendrait très attirants, ce qui assurera une certaine sécurité alimentaire.
2- Soit garder cette caisse mais elle sera réservée uniquement aux plus démunis, comme c’est le cas dans certains pays européens et même au USA, en mettant en place une structure, du personnel et une logistique pour atteindre cet objectif, en assurant un montant alloué par famille soit avec des bons d’approvisionnements, des cartes magnétiques ou autres systèmes de payements à définir, ceci pour acheter les produits subventionnés. Les riches devront payer le plein tarif pour ces mêmes produits.
Je considère pour être optimiste, que ses modifications permettraient au trésor public d’économiser au moins la moitié des dépenses sur la CGC pour la prochaine année soit 5.000 Milliards, ce montant servirai pour la création d’au moins 100 milles nouveaux emplois, et apporterai une certaine équité sociale avec une meilleure répartition des richesses, “prendre aux riches pour donner aux pauvres“ .

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