À la lecture du rapport du FMI, clôturant ses consultations avec la Tunisie, au titre de l’article IV de ses statuts. La Tunisie est en très mauvaise posture, pour avoir dorénavant l’aval du FMI, pour l’obtention  de nouvaux crédits. Ceci pour couvrir ses besoins considérables, en financements pour cette année 2021 (6 milliards dollars).

D’autant plus en son défaveur, le cuisant échec des deux précédents programmes d’ajustement, conclus par le FMI avec le pays, depuis 2013.

Le FMI a d’ores et déjà établi des objectifs quantitatifs, et les réformes nécessaires. Les considérant plutôt comme des exigences plutôt que des recommandations. Ceci sans tenir compte de leurs faisabilité sur terrain, en considérant le contexte sociopolitique politique fragile du pays (Sit in, émeutes et autres perturbations sociales).

Les avertissements et exigences du FMI à la Tunisie pour se relancer en 2025, sont comme suit :

  •  Ramener le ratio d’endettement public à 85% du PIB. Et dégager à moyen terme, un solde primaire du budget excédentaire, équivalent à 1,6% du PIB. Alors qu’il serait déficitaire de près de 6% du PIB en 2021.
  •  Ramener la masse salariale à 14,5% du PIB, contre 17,5% actuellement.
  • Inflation se stabilise à 4%.
  • Réserves en devises couvrent 4 mois d’importations.
  • Les dépenses sociales devraient augmenter à hauteur de 3% du PIB.
  • Les investissements publics dans la santé, l’éducation et les infrastructures, devront dépasser 6% du PIB.

Pour atteindre ses objectifs, le FMI recommande d’abord de réduire la masse salariale « les autorités pourraient, rationaliser les indemnités, et s’engager à réaliser un audit.  Pour identifier et éliminer les travailleurs fantômes (les emplois fictifs). Elles devraient également convenir avec les parties prenantes, de mettre en œuvre des pratiques de recrutement concurrentielles.

De mener des négociations salariales holistiques, plutôt que fragmentaires. Et d’adopter une réforme de la fonction publique, pour faciliter la réaffectation du personnel, entre les fonctions et les régions».

À ce propos, le FMI est contre les pratiques du gouvernement, de faire baisser la masse salariale, par la création d’agences publiques. Il estime que cela ne ferait, que déplacer le problème, et non le résoudre. Ce n’est pas de cette manière qu’on créerait des économies budgétaires.

Par contre, si « les subventions à l’énergie seraient progressivement supprimées à moyen terme. Tout en préservant les tarifs sociaux pour les ménages pauvres, et en améliorant le filet de sécurité sociale ». D’après le FMI, de cette sorte d’importantes économies budgétaires, seraient réalisées.

Ainsi de telles économies serviraient, à augmenter les investissements publics, pour soutenir la croissance, et la création d’emploi. Qui étaient obsolètes depuis 2011, pour développer convenablement le pays.

Le FMI souligne la nécessité d’investir dans la santé, l’éducation et les infrastructures, ayant un fort potentiel de croissance. Les pouvoirs publics doivent jouer un rôle facilitateur, pour exploiter des segments d’activité porteurs, tels que la digitalisation et l’économie verte.

Le FMI indique qu’il est opportun de développer davantage les partenariats public-privé (PPP), pour « tirer parti de l’expertise et du financement du secteur privé ».

Pour la « Caisse Générale de compensations » (CGC), le FMI recommande de développer, la nouvelle base des données des ménages à faible revenu, du programme « Amen social », et de l’identifiant unique. « Une fois le système opérationnel, un transfert monétaire mensuel ciblé vers les ménages, pourrait être mis en place. Pour compenser l’impact de l’élimination des subventions énergétiques ».

Pour contribuer à améliorer la situation des finances publiques, le FMI recommande, de rendre la fiscalité plus équitable, et plus propice à la croissance. Ceci en élargissant l’assiette fiscale, en multipliant les mesures d’intégration du secteur informel dans le système fiscal, « y compris la révision du régime forfaitaire. Mais aussi de rationaliser les exonérations, et d’éliminer les distorsions, et pourquoi pas, en accentuant la progressivité fiscale ».

Le FMI est par contre intransigeant, pour réformer les entreprises publiques. « Afin de faire face d’urgence aux risques budgétaires et financiers (la dette de l’administration centrale, et des entreprises publiques combinées, dépasse 100% du PIB). Et améliorer leurs performances à moyen terme ».

Pour le FMI, c’est l’urgence absolue de mettre en œuvre « des réformes durables et de grande envergure » pour les entreprises publiques. Au préalable, il s’agit d’opérer « un audit immédiat des arriérés » et d’élaborer « une stratégie d’urgence pour les plus grandes entreprises, à commencer par la STIR, STEG et l’Office des Céréales ».

Un plan de réforme de moyen terme devrait être élaboré, pour classer ces entreprises en fonction de leur viabilité. Entre celles qui peuvent faire face aux pertes, celles qui nécessitent une restructuration, avec un renforcement de leur situation financière, et celles dont il convient de s’en défaire (Cession). Et de leur importance stratégique, ou de la nature de leurs activités (tout en envisageant de se désengager des entreprises publiques commerciales). Une structure serait spécialement dédiée pour assurer leur suivi et leur gestion.

Le FMI recommande aussi de réformer le système d’assurance sociales (CNSS, CNRPS, CNAM). Ceci pour « une meilleure adéquation entre les niveaux des prestations, et les financements disponibles ».

Le FMI exprime ses mises en garde. La première oblige les autorités à « éviter le financement monétaire du budget ». Le prêt contracté par le gouvernement, auprès de la BCT l’année dernière, pour boucler le budget 2020, ne doit plus être renouvelé.

La seconde mise en garde, Le FMI contre tout projet visant « la libéralisation des opérations de change, et la réduction des contrôles du compte de capital ». Ceci tant que la stabilisation du cadre macroéconomique n’est pas accomplie.

Le gouvernement tunisien est donc « dos au mur », pour prendre à son compte, les recommandations et autres mises en garde émises par le FMI à la suite de ses consultations. Faute de quoi, pas d’accord de crédits par le FMI pour 2021 et celles d’après. Et donc bonjour les dégâts, le « scénario grec nous guette » donc, dès cette fin d’année.

À suivre donc, les semaines suivantes seront décisives, pour la « survie » de la transition démocratique en Tunisie, sous cette « bâtarde 2ème république ».

Attention danger imminent, reste plus que quelques mois, avec un risque majeur, pour que la gouvernance de la Tunisie, passerait « aux mains » du FMI. Avec pour conséquence directe, une perte de sa « Souveraineté nationale », contrainte pour rembourser ses dettes auprès de ses bailleurs de fonds internationaux. 

 

 

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